L’Eurasienne #6 : l’Italie

De Grenoble vers le Vietnam avec des selles Barefoot, l’Eurasienne #6
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

Il est dit qu’en Italie, on mange bien ! Et bien c’est vérifié et approuvé, même en voyageant à cheval dans des petits villages perdus en pleine campagne, on réussi à trouver une « trattoria » qui propose des plats de pâtes ou des pizzas d’une qualité gustative inégalable ! Encore mieux, lorsqu’on arrive à cheval et avec un chien, on a l’impression d’être encore mieux reçus que si nous venions sans animaux. Les Italiens adore les animaux. Il existe même une loi qui interdit aux restaurateurs de refuser l’entrée à un chien domestique dans un restaurant. Lorsque nous arrivons dans les villages, c’est d’abord aux animaux à qui on propose à boire et à manger. Nous ne nous attendions pas à un tel accueil. Nous avons traversés l’Italie durant la canicule de 2019, et presque tous les jours, nous avons eu le droit à des dons de nourriture et de bouteille d’eau.

Flavien et moi ne parlions pas un mot d’italien avant d’entrer dans le pays. Les premiers jours furent l’occasion d’apprendre les mots de bases destinés à notre survie (« bonjour », « merci », « manger », « eau », « dormir », « cheval », « chien », …). En tant qu’ « explorateurs modernes », il nous est arrivé d’utiliser Google Traduction mais au bout d’une semaine, nous étions capables de tenir une conversation de plusieurs heures avec des Italiens. Les gestes sont très utiles et cette langue est proche du français. Il existe aussi des dialectes différents dans chaque région mais qui sont très compréhensibles car similaires à la langue française. En plus de la facilité d’apprentissage de la langue, les italiens que nous avons rencontrés ont été très ouverts et ils communiquent aisément pour parler de n’importe quel sujet. Avec les personnes que nous avons croisées, nous n’avons jamais ressentis de distance ou de barrière sociale. Les italiens ont été très chaleureux. Je me souviens m’être fait la réflexion en fin de voyage, comme quoi aucune personne ne m’avait demandé mon métier. A aucun moment je ne me suis sentie mise dans une case. J’ai réellement eu l’impression d’être appréciée pour ce que j’étais à l’instant présent. C’est aussi une des grandes qualités du voyage, il n’y a pas de barrières sociales. Un cadre supérieur voyageur peut rencontrer un marchant de fruit randonneur en se trouvant sur le même chemin. Ils sont alors mis au même niveau et avec les mêmes intentions : celle de la découverte, du partage, de la rencontre.

En Italie, tout semble simple, les Italiens que nous avons rencontrés n’ont pas d’aprioris et surtout s’ils peuvent aider ils le font. Nous avons même été reçus dans le jardin d’un homme avec nos 3 chevaux : une expérience inoubliable !

Durant la canicule, notre priorité est de trouver de l’eau 3 fois par jours pour les animaux. Notre itinéraire a d’ailleurs été tracé en fonction des fontaines, cimetières, ruisseaux, fleuves, commerces, et maisons susceptibles de nous offrir régulièrement de l’eau. Etant donné la chaleur (au delà de 40 degrés), nous décidons de ne pas randonner entre 12h et 15h. La sieste est devenue un moment crucial de la journée en période de canicule. Cela nous permettait d’avoir assez d’énergie pour partir très tôt le matin afin d’éviter les grosses chaleurs.

Le matin, nous ne savions généralement pas où nous allions dormir le soir. Cette manière de voyager est à la fois existante car la non-organisation laisse souvent place à de belles opportunités, mais elle est aussi dangereuse et compliquée lorsqu’il s’agit de s’agit de voyager avec des animaux. C’est pour cela qu’il est important de comprendre les quelques premiers jours dans l’arrivée d’un pays, quelles sont les possibilités pour dormir avec des animaux sans être constamment dérangés ou rejetés par les locaux. Nous n’avons pas rencontré de structures adaptées pour les chevaux sur les sentiers que nous avons empruntés. Mais l’avantage en Italie, est la présence de nombreuses fontaines publiques d’eau potable ! Un grand point positif pour le voyageur à cheval. Pour dormir, aucune aire de bivouac n’est réellement adaptée pour camper avec des chevaux. Nous n’avons pas eu la chance de rencontrer de pré communal comme ce fût le cas en France.

En Italie, beaucoup de terrains sont privés (très peu de terrains communaux, même près des églises ou cimetières). Si possible, il est bon de demander au propriétaire avant d’y planter sa tente. Parfois, il est possible d’aller voir les mairies pour demander un terrain où dormir. Nous avons utilisés les centres sportifs, les parcs, les terrains de jeu pour enfants et le bivouac sauvage pour la partie en autonomie.

La meilleure solution, si on arrive avant la nuit est de fréquenter les bars. C’est ici qu’on peut discuter, et facilement trouver un endroit où dormir. Le plus difficile reste de trouver une douche pour le cavalier. Il faut accepter de se laver au gant de toilette le soir près d’une fontaine par exemple. Une nuit, nous avons même dû nous laver dans un cimetière dont la porte était restée ouverte…

Certaines structures privées peuvent accueillir des cavaliers et leurs chevaux. Cependant, à notre connaissance et en discutant avec les personnes concernées, il n’existe pas de répertoire listant les gîtes étapes équestres disponibles en Italie. Certaines de ses structures sont référencées en tant que structures « d’Agritourisme » mais toutes les structures d’agritourisme n’accueillent pas les chevaux car ce n’est pas leur fonction principale. La nuitée coûte en moyenne 70 euros.

Contrairement à la France, l’Italie dispose de plusieurs Fédérations liées au tourisme équestres. D’après des associations de cavaliers et des cavaliers indépendants que nous avons rencontrés et qui pratiquent régulièrement du trekking à cheval, les Fédérations existantes ne sont pas encore suffisamment actives dans le développement du tourisme équestre en Italie. De ce fait, des associations et groupes de solidarité se sont créés pour ouvrir et entretenir des sentiers équestres. Nous avons découvert dans ce genre de groupe, des propriétaires pouvant accueillir des cavaliers mais non référencés par manque d’existence d’une plateforme officielle. Il nous est arrivé d’utiliser ces réseaux sociaux pour partir à la rencontre de cavaliers pouvant nous éclairer sur les meilleurs itinéraires ou nous accueillir le temps d’une nuit. A notre grande surprise, en Italie, le sport équestre est aussi bien un sport masculin que féminin d’après les cavaliers et cavalières que nous avons eu la chance de côtoyer. Nous avons d’ailleurs rencontrés beaucoup d’hommes cavaliers qui nous ont aidé dans notre périple.

Les sentiers empruntés sont très variés. J’ai adoré le passage du piémont où je contemplais tous les soirs le coucher du soleil derrière les vallons de vignes et de vergers. En Italie, tout nous a semblé très propre, les paysages sont bien entretenus, et certains villages sont très agréables à cheval car ils ont gardé leur style médiéval. Cependant, le passage des fleuves est assez dangereux car il n’y a pas de place sur le côté pour les cavaliers et leur monture. C’est un point d’amélioration dont les italiens sont parfaitement conscients aussi bien pour les cyclistes, les randonneurs, et les cavaliers.

La partie italienne a été un voyage qui a éveillé nos sens. Nous avons rencontrer de très belle personnes, déguster de merveilleux plats cuisinés par nos hôtes, nous avons vu des paysages magnifiques, et nos animaux ont été les plus heureux du monde car très bien accueillis par les locaux. L’Italie a été la partie la plus longue et la plus riche de l’aventure. Nous avons rencontré de magnifiques personnes et il m’est impossible en un seul article de décrire les multiples expériences et anecdotes que nous avons vécues. J’invite les lecteurs à se diriger vers la page Facebook L’Eurasienne afin de revivre les moments drôles et agréables de l’aventure…

Kim Rémy

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