L’Eurasienne #3 : Le choix de l’équipe et du matériel

De Grenoble vers le Vietnam avec des selles Barefoot, l’Eurasienne #3
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

Les animaux : des choix évidents

Gaïa est arrivée toute petite dans notre foyer il y a 5 ans. Dès ces premiers mois, nous l’emmenions partout, y compris lors de nos nombreuses randonnées en montagne. Cette croisée Border Collie/Labrador a toujours été nourrie à la viande crue récupérée chez un boucher. Ce type d’alimentation naturelle lui a permis de développer une musculature et une endurance bien supérieure à la normale. Durant nos trekkings, c’est souvent nous qui fatiguons avant Gaïa. Je dis souvent que notre chienne est la plus entraînée de tous pour une telle aventure.   

En ce qui concerne les chevaux, je n’ai pas voulu choisir une race particulière, une taille de garrot spécifique, une robe ou encore un âge précis. Ces animaux se sont trouvés sur mon chemin à un moment précis de ma vie. J’ai la chance que ces trois chevaux soient rustiques et donc très résistants physiquement. Cependant, deux de nos chevaux ont vécu un passé compliqué et ils n’avaient jamais été montés ou dressés lorsque nous les avons recueilli. Nous avons pris cette difficulté comme un challenge. C’est un apprentissage réciproque entre les chevaux et nous.

Cheyenne est une jument ONC (avec probablement du sang camarguais) que j’ai récupéré lorsqu’elle avait 3 ans chez un marchant de bestiaux boucher-charcutier. Elle avait été maltraitée, avait peur de la moindre brindille et je ne pouvais pas la monter car elle était bien trop jeune et bien trop maigre pour supporter un poids sur son dos. Nous nous sommes éduquées toutes les deux pendant deux ans, en travaillant ensemble en liberté dans un pré et sans structure équestre. Le résultat a été spectaculaire tant sur le plan mental que sur le plan physique (sabot compris). Elle était devenue ma partenaire de randonnée. Cheyenne est aujourd’hui une jument avec du punch, elle a besoin de beaucoup marcher et aime être rassurée.

Ramsès, un mérens pure race est le cheval de Flavien. Lorsque Flavien a pris la décision de rejoindre l’expédition, il a souhaité trouver un cheval rustique et calme. Lorsqu’il a vu Ramsès pour la première fois, il a sans hésiter, souhaité l’intégrer à l’aventure. Afin de se familiariser directement avec son cheval, Flavien a souhaité ramener Ramsès à pied jusqu’à notre pré (une après-midi de marche). Ramsès est un cheval docile de 14 ans, très calme mais très caractériel, n’a peur de rien et c’est le cheval leader de l’expédition.

Vagabon, un Fjord pure race de 10 ans, a été mis sur notre chemin juste avant de partir en expédition. Lorsque nous partions en randonnée avec Ramsès et Cheyenne, nous passions régulièrement devant un camp de forains dans lequel ce Fjord vivait. Il avait des sabots très abimés par le retrait brutal de fer qui devait dater de quelques mois. Il avait une dermite qui lui faisait saigner la crinière et le haut de la queue, et avait des oedèmes sur les flancs. Nous recherchions un cheval de bât et Vagabon n’était clairement pas près pour l’aventure. Nous avons négocié plusieurs semaines avec les forains afin de récupérer ce cheval et l’intégrer à notre équipe. Nous sentions, Flavien et moi, qu’il était dans notre devoir de sortir ce cheval de sa condition actuelle. Et peu importe le temps et le prix que nous mettrons pour qu’il se refasse, nous avions décidé de le remettre sur pied. Nous décidons donc qu’il deviendrait le cheval de bât qu’il nous manquant, même si au début nous devons faire porter le matériel par Ramsès, nous étions persuadés qu’au bout de quelques jours de randonnée en extérieur (et beaucoup de soins sur ces sabots, sa peau,…), Vagabon se remettrait très rapidement.

Le matériel : selles sans arçons, bride sans mors et hipposandales

Depuis mon plus jeune âge je me suis toujours intéressée au bien-être animal. Plus je grandissais et plus je me questionnais sur les méthodes et les matériels employés pour les chevaux. J’ai pour habitude d’aller au fond des choses et de ne pas écouter l’opinion commune tant que je n’ai pas des preuves factuelles des résultats attendus. Flavien et moi sommes aussi très sensibilisés à l’alimentation des animaux, mais ce sujet sera traité ultérieurement.

Ayant l’habitude de monter à cru sur de courte durée, j’étais à la recherche d’une selle qui se rapprochait d’une monte à cru afin que je puisse anticiper et ressentir les mouvements du cheval. Impossible d’utiliser un tapis de monte à cru pour de longues distances car le poids de mon assise ne serait pas réparti sur l’ensemble du dos du cheval. Je ne souhaitais pas non plus utiliser une selle avec arçon pour ma jument Cheyenne car les selles que nous avions testées sur elle ne convenaient ni pour elle, ni pour moi (pas des selles à 3000 euros mais de bonnes qualités quand même). Ces dernières étaient trop lourdes pour une utilisation régulière, trop rigides pour un mouvement prolongé et quotidien. Pour ma part, j’avais l’impression d’être sur le siège rigide d’un véhicule plutôt que sur un cheval en mouvement. Les selles sans arçon Barefoot ont donc été la solution à mes soucis. J’ai testé ces selles avant l’expédition, et il s’est avéré que ma jument était plus détendue en randonnée car elle avait les épaules bien dégagées dans ses mouvements, je n’ai eu aucune blessure ni au passage de sangle, ni sur le dos. La maniabilité de la selle était d’une simplicité et d’une légèreté incomparable par rapport à mes précédentes selles. Flavien et moi avons donc choisi d’utiliser des selles Barefoot pour l’expédition. Une manière encore pour moi de rompre les aprioris de la monte traditionnelle en selle avec arçon (que j’approuve totalement dans des conditions bien spécifiques) – Par exemple, pour le cheval de bât, qui lui porte un poids « mort » sur le dos, j’ai préféré utiliser une selle avec arçon qui a très bien fait l’affaire. Pour information, nous avons utilisé l’ensemble de bât Guichard TRISSAC pour le port de matériel. Ce bât est à positionner sur une selle type « western » avec une corne.

Malgré les nombreux « arguments » lus et entendus sur le filet avec mors, je n’ai jamais adhéré à cette pratique (même si j’ai du l’utiliser en centre équestre pour le passage de Galops). Je n’argumenterai pas sur le sujet dans cet article mais j’ai fait le choix de ne mettre aucun mors à mes chevaux pour l’expédition. L’utilisation de side-pull et de licol était notre seule méthode pour guider les chevaux dans la douceur et la complicité.

Aucun de nos chevaux n’a été ferré pour l’aventure. Ils sont régulièrement suivis par des podologues pour vérifier l’état de leur sabot et par des ostéopathes pour leur dos. Il faut savoir que nous avons décider de faire une moyenne de 20 km/jour et de ne monter sur les chevaux que 1/3 du temps pour respecter leur dos et leurs pieds. Cheyenne et Ramsès ont de très bons sabots qui ne nécessitent pas de ferrage ou d’assistance particulière. Après avoir récupéré Vagabon, ses sabots commençaient à se remettre d’aplombs mais n’étaient pas totalement sains. Nous avons donc choisi de lui mettre des hipposandales le temps que ses antérieurs se refassent totalement. Les résultats ont été spectaculaires et seront détaillés dans un prochain article.

Kim REMY



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Par précaution, n’ouvrez pas de pièces jointes de correspondants inconnus.
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Ethique du consommateur

Comme vous en avez peut-être déjà fait l’expérience, chez Barefoot Lux’, nous faisons de notre mieux pour vous aider à choisir le matériel qui donnera toute satisfaction à votre cheval et à vous-même, et l’adapter au couple que vous formez.
Pour pouvoir continuer à vous offrir notre meilleur, nous avons besoin de votre soutien, et notamment nous avons besoin de vos commandes.

Nous sommes une petite entreprise de revendeur indépendant.
Si, après nous avoir mis à contribution pour vous aider dans vos choix, vous commandez ailleurs juste pour être livré un peu plus tôt, vous participer à l’’amazonisation’ du commerce, et nous ne pourrons pas continuer à vous offrir notre compétence en matière de conseil, tout simplement car nous ne pourrons pas tenir. Si on suit cette logique, il ne reste plus qu’un seul fournisseur, qui a toujours tout en stock, mais il n’y a plus de conseil et aucune place pour la relation.

De notre côté nous faisons aussi le maximum pour réduire les délais, de nombreux articles sont en stock en permanence, et par ailleurs, qu’est-ce que c’est que 2 ou 3 semaines d’attente, sur la vie d’une selle ? Cela sera vite oublié, même si nous pouvons comprendre l’impatience, et nous serons toujours là quand vous en aurez besoin.

Donc merci de jouer le jeu et de favoriser ainsi un commerce de qualité.

Anne Caumont

L’Eurasienne #2 : la préparation

De Grenoble vers le Vietnam avec des selles Barefoot, l’Eurasienne #2
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

Je vais peut-être vous étonner mais on n’est jamais réellement prêt à vivre une expédition comme celle-ci. C’est Mike Horn, cet aventurier très connu pour ces expéditions à travers le globe, qui a dit un jour : « Lorsqu’on part en expédition, on se prépare à 5 % et les 95 autres pourcents se feront durant l’aventure ». Avant de partir, il y a tellement de choses à préparer que j’ai plutôt l’impression d’avoir préparé plus de 50 % du périple… Mais en réalité je ne serai jamais préparée à toutes les péripéties et expériences qui m’arriveront et c’est tant mieux ! J’aime les surprises. Je préfère les bonnes surprises bien sûr, mais les moins bonnes me permettent aussi d’évoluer tant sur le plan « expériences pratiques » que sur la manière de gérer les situations.

Depuis 1 ans je me prépare pour l’expédition et la plupart des personnes que je rencontre réagissent à peu près toutes de la même manière lorsqu’il s’agit de parler de « préparation ». Elles sont d’abord étonnées puis elles s’interrogent sur des questions de logistique. Je prends toujours le temps de les rassurer car une fois que j’ai répondu à toutes leurs questions des étoiles apparaissent dans leurs yeux, leur visage s’illumine comme si elles allaient vivre l’aventure avec moi. Ce sont ces moments-là qui m’encouragent à bien répondre à leurs interrogations.

Les 2 questions qui reviennent souvent sont :

  1. As-tu bien préparé les chevaux ?
  2. Comment vas-tu gérer le passage de frontières?

Je réponds globalement les mêmes réponses : oui, les chevaux sont prêts et oui je dispose des papiers qu’il faut. En effet Flavien et moi travaillons en étroite collaboration avec la FITE, la FFE et la DDPP qui nous donnent les informations sanitaires et réglementaires afin de passer au mieux chaque pays. Ces réponses sont des réponses qui ont pour but de rassurer les personnes qui m’interrogent.

La réalité est un peu différente. Les chevaux, tout comme moi, ne sont jamais prêts à vivre une telle expérience. Par exemple, marcher autant de kilomètres sur du long terme ne leur a pas encore été imposé. De plus, ils vont vivre des situations qui seront nouvelles pour eux et pour moi. Bien sûr, je les ai désensibilisé au maximum. Mais je reste persuadée que les choses s’apprennent et s’acquièrent lorsqu’elles sont nécessaires, lorsqu’on en a besoin ! Très peu d’entre nous sont capables d’apprendre une langue nouvelle s’ils n’en ont pas l’utilité ou l’envie. Avec Cheyenne, ma jument, ça a été pareil. Lorsque j’ai commencé l’Expédition il y a plus d’un mois elle ne passait pas de flaque d’eau. Aujourd’hui elle traverse des torrents dont l’eau lui arrive à l’épaule. Encore mieux, elle se couche dans l’eau… Elle n’a plus peur de l’eau car elle en a l’utilité pour la traverser et l’envie pour se rafraîchir.

Pour ma part la préparation des chevaux ne représentent que 10 % de l’ensemble des préparatifs. Les gens ont tendance à avoir uniquement le bout de l’iceberg alors qu’il y a toute la partie immergée bien plus volumineuse. Pour l’Expédition l’Eurasienne, les préparatifs sont regroupés selon les thématiques suivantes :

  • la recherche de financement (Aides des collectivités, répondre aux appels à projets, le sponsoring, monter une association, des économies personnelles…)
  • la gestion de l’administratif durant le périple 
  • la sélection du matériel optimum (meilleur rapport qualité-prix-poids)
  • la communication (les réseaux sociaux, la presse, la radio, le bouche-à-oreille, les événements…)
  • l’éloignement de la famille (j’ai des petites sœurs et des parents que je ne verrais pas pendant 2 ans)
  • le traçage du parcours 
  • le contact avec les ambassades et les autres organisations pour le passage de frontières
  • l’entraînement des animaux 
  • la gestion des partenariats, nous travaillons aussi avec une école…
  • l’entraînement physique personnel
  • l’entraînement à travers des stages par exemple des stages sur le parage naturel, des stage de survie
  • nous travaillons aussi à côté pour faire des économies.

Et enfin, il y a aussi une grande préparation mentale. Il faut rester à l’écoute des conseils des autres tout en gardant le cap vers nos objectifs. Il faut apprendre à gérer son stress et essayer d’apprécier chaque instant. Car avant toute chose il s’agit d’un rêve qui devient réalité et non d’une obligation ou d’une contrainte. Il faut faire les choses en fonction du ressenti, de ses valeurs, de sa logique et de ses envies.

Kim Rémy

L’Eurasienne #1

De Grenoble vers le Vietnam avec des selles Barefoot, l’Eurasienne #1
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

« Je m’appelle Kim REMY et j’ai 27 ans. Etant petite, j’ai toujours souhaité partir à la découverte de monde. Ma curiosité pour les choses inconnues m’a poussée à m’interroger sur des sujets existentiels pour lesquels une unique réponse ne me suffisait pas. Par exemple, quel est le but de la vie ? Qu’est ce qui nous rend heureux ? Sommes nous libres ? Et si non, comme le devenir ?…

Et puis, j’ai grandi en ayant de plus en plus d’interrogations.

Alors, oui, j’ai fait comme beaucoup d’entre vous ; j’ai lu des livres, vu des films, j’ai écouté les histoires des autres mais je n’avais pas mes propres réponses, mes propres expériences.

Plus je grandissais et moins je pensais trouver les réponses à mes questions en m’enfermant dans cette fameuse bulle : transport, boulot, réseaux sociaux, dodo.

J’étais pourtant en train de me créer une vie rêvée d’un point de vue sociétale : ingénieure, un CDI dans une super entreprise, un super amoureux, une santé de fer, une famille au top, un environnement agréable.

Alors je vous arrête tout de suite, je n’ai pas tout lâché pour faire ce que je fais aujourd’hui. Bien au contraire ! J’utilise les ressources dont je dispose pour atteindre mes objectifs. J’ai décidé que mes objectifs de vie seraient de ne faire que ce dont je rêve (à la fois les rêves de gamine et à la fois les rêves que j’avais pendant ma période bulle transport, boulot…).

Pour ma part, un de mes rêves est de partir à la conquête de terres inconnues et des personnes qui les habitent telle une exploratrice des temps modernes. Mais comment ? Par oú commencer ? Et surtout comment faire aujourd’hui alors que tout à déjà été conquit !?

Pour avoir un projet personnel qui tienne la route, il me fallait déjà être cohérente dans mon parcours. Je suis française, d’origine italo-vietnamienne. Je décide donc de rejoindre le Vietnam depuis la France. De là est née L’Eurasienne.

A cheval, cela m’a paru évident. A l’époque, on explorait les nouveaux territoires à cheval ou à pieds. Surement pas sur des routes prédéfinies et avec une voiture thermique qui nous empêcherait de prendre notre temps et d’apprécier un paysage sauvage. Lorsqu’on voyage à cheval, on ne fait qu’un avec la nature. Et curieusement, c’est un animal merveilleux permettant aussi de créer des liens avec les humains.

Une fois le projet structuré et bien ficelé, j’ai eu la chance d’entraîner les partenaires de route qui m’accompagnent actuellement et sans qui l’expédition n’aurait pas vue le jour :

  • Flavien Staub, qui partage ma vie depuis 11 ans
  • Gaïa, notre chienne
  • Cheyenne, Ramsès et Vagabon nos chevaux

Pour clore ce premier article, je suis honorée de pouvoir offrir à nos chevaux les équipements dont ils méritent pour vivre cette magnifique aventure. C’est pourquoi, nous avons choisi d’utiliser des selles Barefoot sans arçon avec toutes les qualités dont elles disposent et que je détaillerais dans un prochain article (légères, dégagent les épaules des chevaux, répartition homogène du poids du cavalier,…). »

Kim REMY le 9 juin 2019.