L’Eurasienne #2

De Grenoble vers le Vietnam, l’Eurasienne #2
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

Je vais peut-être vous étonner mais on n’est jamais réellement prêt à vivre une expédition comme celle-ci. C’est Mike Horn, cet aventurier très connu pour ces expéditions à travers le globe, qui a dit un jour : « Lorsqu’on part en expédition, on se prépare à 5 % et les 95 autres pourcents se feront durant l’aventure ». Avant de partir, il y a tellement de choses à préparer que j’ai plutôt l’impression d’avoir préparé plus de 50 % du périple… Mais en réalité je ne serai jamais préparée à toutes les péripéties et expériences qui m’arriveront et c’est tant mieux ! J’aime les surprises. Je préfère les bonnes surprises bien sûr, mais les moins bonnes me permettent aussi d’évoluer tant sur le plan « expériences pratiques » que sur la manière de gérer les situations.

Depuis 1 ans je me prépare pour l’expédition et la plupart des personnes que je rencontre réagissent à peu près toutes de la même manière lorsqu’il s’agit de parler de « préparation ». Elles sont d’abord étonnées puis elles s’interrogent sur des questions de logistique. Je prends toujours le temps de les rassurer car une fois que j’ai répondu à toutes leurs questions des étoiles apparaissent dans leurs yeux, leur visage s’illumine comme si elles allaient vivre l’aventure avec moi. Ce sont ces moments-là qui m’encouragent à bien répondre à leurs interrogations.

Les 2 questions qui reviennent souvent sont :

  1. As-tu bien préparé les chevaux ?
  2. Comment vas-tu gérer le passage de frontières?

Je réponds globalement les mêmes réponses : oui, les chevaux sont prêts et oui je dispose des papiers qu’il faut. En effet Flavien et moi travaillons en étroite collaboration avec la FITE, la FFE et la DDPP qui nous donnent les informations sanitaires et réglementaires afin de passer au mieux chaque pays. Ces réponses sont des réponses qui ont pour but de rassurer les personnes qui m’interrogent.

La réalité est un peu différente. Les chevaux, tout comme moi, ne sont jamais prêts à vivre une telle expérience. Par exemple, marcher autant de kilomètres sur du long terme ne leur a pas encore été imposé. De plus, ils vont vivre des situations qui seront nouvelles pour eux et pour moi. Bien sûr, je les ai désensibilisé au maximum. Mais je reste persuadée que les choses s’apprennent et s’acquièrent lorsqu’elles sont nécessaires, lorsqu’on en a besoin ! Très peu d’entre nous sont capables d’apprendre une langue nouvelle s’ils n’en ont pas l’utilité ou l’envie. Avec Cheyenne, ma jument, ça a été pareil. Lorsque j’ai commencé l’Expédition il y a plus d’un mois elle ne passait pas de flaque d’eau. Aujourd’hui elle traverse des torrents dont l’eau lui arrive à l’épaule. Encore mieux, elle se couche dans l’eau… Elle n’a plus peur de l’eau car elle en a l’utilité pour la traverser et l’envie pour se rafraîchir.

Pour ma part la préparation des chevaux ne représentent que 10 % de l’ensemble des préparatifs. Les gens ont tendance à avoir uniquement le bout de l’iceberg alors qu’il y a toute la partie immergée bien plus volumineuse. Pour l’Expédition l’Eurasienne, les préparatifs sont regroupés selon les thématiques suivantes :

  • la recherche de financement (Aides des collectivités, répondre aux appels à projets, le sponsoring, monter une association, des économies personnelles…)
  • la gestion de l’administratif durant le périple 
  • la sélection du matériel optimum (meilleur rapport qualité-prix-poids)
  • la communication (les réseaux sociaux, la presse, la radio, le bouche-à-oreille, les événements…)
  • l’éloignement de la famille (j’ai des petites sœurs et des parents que je ne verrais pas pendant 2 ans)
  • le traçage du parcours 
  • le contact avec les ambassades et les autres organisations pour le passage de frontières
  • l’entraînement des animaux 
  • la gestion des partenariats, nous travaillons aussi avec une école…
  • l’entraînement physique personnel
  • l’entraînement à travers des stages par exemple des stages sur le parage naturel, des stage de survie
  • nous travaillons aussi à côté pour faire des économies.

Et enfin, il y a aussi une grande préparation mentale. Il faut rester à l’écoute des conseils des autres tout en gardant le cap vers nos objectifs. Il faut apprendre à gérer son stress et essayer d’apprécier chaque instant. Car avant toute chose il s’agit d’un rêve qui devient réalité et non d’une obligation ou d’une contrainte. Il faut faire les choses en fonction du ressenti, de ses valeurs, de sa logique et de ses envies.

L’Eurasienne #1

De Grenoble vers le Vietnam, l’Eurasienne #1
(voir la carte : https://www.ffe.com/cartographie/eurasienne/carte/index.html )

« Je m’appelle Kim REMY et j’ai 27 ans. Etant petite, j’ai toujours souhaité partir à la découverte de monde. Ma curiosité pour les choses inconnues m’a poussée à m’interroger sur des sujets existentiels pour lesquels une unique réponse ne me suffisait pas. Par exemple, quel est le but de la vie ? Qu’est ce qui nous rend heureux ? Sommes nous libres ? Et si non, comme le devenir ?…

Et puis, j’ai grandi en ayant de plus en plus d’interrogations.

Alors, oui, j’ai fait comme beaucoup d’entre vous ; j’ai lu des livres, vu des films, j’ai écouté les histoires des autres mais je n’avais pas mes propres réponses, mes propres expériences.

Plus je grandissais et moins je pensais trouver les réponses à mes questions en m’enfermant dans cette fameuse bulle : transport, boulot, réseaux sociaux, dodo.

J’étais pourtant en train de me créer une vie rêvée d’un point de vue sociétale : ingénieure, un CDI dans une super entreprise, un super amoureux, une santé de fer, une famille au top, un environnement agréable.

Alors je vous arrête tout de suite, je n’ai pas tout lâché pour faire ce que je fais aujourd’hui. Bien au contraire ! J’utilise les ressources dont je dispose pour atteindre mes objectifs. J’ai décidé que mes objectifs de vie seraient de ne faire que ce dont je rêve (à la fois les rêves de gamine et à la fois les rêves que j’avais pendant ma période bulle transport, boulot…).

Pour ma part, un de mes rêves est de partir à la conquête de terres inconnues et des personnes qui les habitent telle une exploratrice des temps modernes. Mais comment ? Par oú commencer ? Et surtout comment faire aujourd’hui alors que tout à déjà été conquit !?

Pour avoir un projet personnel qui tienne la route, il me fallait déjà être cohérente dans mon parcours. Je suis française, d’origine italo-vietnamienne. Je décide donc de rejoindre le Vietnam depuis la France. De là est née L’Eurasienne.

A cheval, cela m’a paru évident. A l’époque, on explorait les nouveaux territoires à cheval ou à pieds. Surement pas sur des routes prédéfinies et avec une voiture thermique qui nous empêcherait de prendre notre temps et d’apprécier un paysage sauvage. Lorsqu’on voyage à cheval, on ne fait qu’un avec la nature. Et curieusement, c’est un animal merveilleux permettant aussi de créer des liens avec les humains.

Une fois le projet structuré et bien ficelé, j’ai eu la chance d’entraîner les partenaires de route qui m’accompagnent actuellement et sans qui l’expédition n’aurait pas vue le jour :

  • Flavien Staub, qui partage ma vie depuis 11 ans
  • Gaïa, notre chienne
  • Cheyenne, Ramsès et Vagabon nos chevaux

Pour clore ce premier article, je suis honorée de pouvoir offrir à nos chevaux les équipements dont ils méritent pour vivre cette magnifique aventure. C’est pourquoi, nous avons choisi d’utiliser des selles Barefoot sans arçon avec toutes les qualités dont elles disposent et que je détaillerais dans un prochain article (légères, dégagent les épaules des chevaux, répartition homogène du poids du cavalier,…). »

Kim REMY le 9 juin 2019.